Synthèse d’un atelier mené en 2023 pendant les 3eUniversité d’été de l’humanisme universaliste, au Parc d’Etude et de Réflexion La Belle Idée

Nous présentons ici un atelier d’échanges sur les idées de l’humanisme universaliste, qui a eu lieu lors de notre 3e université d’été en 2023. Des échanges, réflexions, autour de 6 vidéos courtes qui exposons la conception de l’être humain depuis le point de vue de l’humanisme universaliste. Il nous importait de réfléchir aux conséquences d’une telle conception dans la vie quotidienne et citoyenne.

Visionnage de 6 vidéos d’Alvaro Orus : https://www.youtube.com/watch?v=HaBtH0tKuNQ
(Cliquez juste sur les sous-titres en français si besoin)

VIDEO 1 – Qu’est-ce que l’humain ?
A l’inverse de conceptions abstraites éloignées de notre vie quotidienne, le point de départ de la définition de l’humain selon l’humanisme universaliste est expérientiel. Cela est fondamental, car selon l’image ou la définition que j’adopte de moi-même ou de l’humanité, mes actes et mes choix seront conditionnés par elles.
D’autre part, les définitions qui ont influencé les constructions sociales dans l’histoire sont toujours parties d’une « externalité» de l’humain: l’animal social, l’être bio-psycho-social, etc… Le Nouvel Humanisme définit à l’inverse «un être historique, dont le mode d’action sociale transforme sa propre nature».
Nous prévenons que l’ancienne idée de « nature» a jusqu’à présent justifié toutes les discriminations et violences, toute déshumanisation; celle-ci commence par la négation de la liberté humaine en tant qu’essence et aspiration universelle, non contenue dans son environnement naturel.
Nous insistons sur le futur et l’intentionnalité, qui structurent l’espace et la temporalité de la conscience humaine.
Parce que l’humanisme universaliste rejette la violence comme méthodologie d’action dans le monde, il fallait donner à sa pensée une définition cohérente avec l’expérience même de la vie humaine.

VIDEO 2 – L’expérience de l’Humain chez l’autre et en nous
Lorsque nous nous demandons : Qui suis-je ? Où vais-je ?
Lorsque nous entrons en relation avec les autres sans les juger, sans les « naturaliser » ;
Lorsque nous accompagnons nos enfants dans leur ouverture et développement ;
Lorsque nous ressentons et comprenons l’échec et les souffrances vécues par n’importe quel humain,
Lorsque nous sommes illuminé.e.s par une compréhension subite, ou par une beauté harmonieuse inspiratrice…
Nous faisons l’expérience de l’humain en nous-mêmes et chez les autres.

VIDEO 3 – L’être humain comme valeur centrale
Nous ne voulons pas de maitre, de dirigeant, d’état centralisé mais un état fédéral qui part du local, de la région par exemple.
Nous affirmons que la culture de la non-violence produira un être humain qui sentira répulsion, rejet, dégoût à toutes les formes de violence. Il est important pour nous qu’une pensée globale qui pose une nation humaine et universelle, soit reliée à des décisions prises au plus proche de ce que nous vivons dans nos villages et villes.
Il y a des « phénomènes à bas bruit » qui se diffusent actuellement : respecter la vie, la sexualité, la place des femmes, les questions de genre, les croyances. Ce n’est pas médiatisé mais c’est dans les individus.
Dans les phénomènes de désobéissance civile, dans les réseaux d’extinction rébellion, des soulèvements de la Terre, comme dans des podcasts et autres objets médiatisés, on retrouve les sensibilités, les idées de l’humanisme, l’idée que le système ne changera pas en se conformant.
Certains pensent qu’il n’y a jamais eu autant de mouvements non violents qu’actuellement (par exemple dans beaucoup de manifestations, il y a une volonté de non-violence. Parallèlement il y a des violences de plus en plus violentes, le monde se durcit.

VIDEO 4 Les humanismes d’autrefois
La pensée dominante du Moyen-Âge relégua l’humain sous la dépendance du jugement d’un Dieu lointain, et considéra le monde comme une « vallée de larmes ». Les humanistes de la Renaissance, se référant au monde gréco-romain, impulsent une nouvelle éducation, de nouvelles valeurs sociales, insistant sur le pouvoir transformateur de la poésie, de l’art et de la philosophie. « Vivre, c’est beau » clament-ils ainsi, envoyant en déroute la pensée de la religion officielle qui réprime et violente dans toute l’Europe.
Le XIXe siècle forgera le mot « humanisme » (Niethammer, 1808) pour désigner le mouvement d’idées des humanistes (umanista apparait au XVIe siècle) valorisant l’humain et la dignité de sa personne, l’éducation et l’autonomie de la raison, ainsi que le retour à l’antiquité. Humanisme a donc comme origine une catégorisation rétrospective.
Pour cela, les bâtisseures du Nouvel Humanisme, ou Humanisme Universaliste, non seulement étudient et valorisent les différents moments humanistes de différentes cultures et époques, et se tournant résolument vers le futur (forger la Nation Humaine Universelle), y ajustent leurs actions par une attitude humaniste qui s’enracine dans la vie quotidienne et par leur engagement là où il est possible d’agir socialement dans la direction d’humaniser la Terre.
Les 6 points du Nouvel Humanisme sont : L’être humain comme valeur et préoccupation centrale ; l’affirmation de l’égalité de tous les êtres humains ; le rejet de toute violence et discrimination ; l’affirmation de la liberté d’idées et de croyances ; le développement de la connaissance au-delà de ce qui est considéré comme vérité absolue ; la reconnaissance de la diversité personnelle et culturelle, et les 2 valeurs de l’attitude humaniste sont : « Penser, sentir et agir dans la même direction » et « traiter les autres comme nous voulons être traités ».

VIDEO 5 Le processus humain
L’être humain commence son processus il y a environ 3 millions d’années ; le cafard vit depuis 50 millions d’années…
Etant inadaptés, nous devons nous sécuriser relationnellement dès la naissance et changer notre environnement pour faire reculer la douleur et la souffrance. Ceci part d’une rébellion face aux conditions objectives. La réponse se donne grâce à l’intentionnalité, et grâce au mécanisme de conscience que nous avons possédons : la réversibilité, c’est-à-dire la capacité de « retour sur soi », qui nous permet de différer nos réponses dans le temps, à la différence des espèces animales.
De plus, la mécanique de la conscience est perméable aux signaux de son « Profond », où le temps est éternel et l’espace infini. Nous expérimentons son signal lorsque le ravissement amoureux nous prend, lorsque l’extase mystique nous surprend, ou lorsque l’inspiration artistique nous élève.

VIDEO 6 : Exister
Considérer que la vie a cheminé pendant 3,8 milliards d’années pour terminer dans le déterminisme ’absolu actuel des lois du marché, de l’argent comme valeur centrale et de la survie du plus apte, nous semble d’un ridicule innommable en plus d’être une tragédie existentielle, aussi bien pour les individus que pour les sociétés orientées par ces diktats.
Les idées du Nouvel Humanisme ne partent pas de concepts tels que la société, Dieu, l’inconscient, la matière, la nature, mais de l’expérience de l’existence humaine concrète dans le monde.
Le destin de mon corps est le monde ; grâce à mon intentionnalité je peux l’orienter en partie. Je rencontre dans le monde social d’autres corps motivés par une intention singulière. Je constitue le monde social en même temps que je suis constitué par lui, ajustant mon action vers des objets et des personnes qui me rapprochent du plaisir et de la sécurité, et m’éloignent de la douleur et de la souffrance.
La conscience humaine est active, créatrice de sens et de formes qui alimentent cette direction, cherchant la transformation de tous les conditionnements qui limitent notre liberté, extérieurement comme à l’intérieur de nous-mêmes.

Florent Delaunay

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